La commune

Situation

Chaptelat est une petite ville située dans le département de la Haute-Vienne et la région de la Nouvelle-Aquitaine (anciennement région Limousin). Ses habitants sont appelés les Catalacois et les Catalacoises.

La commune s’étend sur 17,9 km² et comptait 2 139 habitants au dernier recensement de la population datant de 2005. Avec une densité de 119,4 habitants par km², Chaptelat a connu une nette hausse de 46,2% de sa population par rapport à 1999.

Entourée par les communes de Bonnac-la-Côte, Couzeix, Nieul et Saint-Jouvent, Chaptelat est située à 9 km au nord-ouest de Limoges la plus grande ville des environs. La commune de Chaptelat fait partie de Limoges Métropole.

Située à 361 mètres d’altitude, la rivière l’Aurence est le principal cours d’eau qui traverse la commune.

Le maire de Chaptelat est Madame Julie LENFANT (mandat 2020-2026).

Coordonnées de la mairie ( Lambert II étendu ) : 516.3 Ouest, 2101.5 nord. Fond de carte Mairie de Chaptelat

Le point le plus élevé, 483 m, est la butte de Mazeretas, le point le plus bas, 324 m, étant le pont de Bouty. Notons que la Mairie est à 364 m, le pylône de Chantelauve à 437 m.

Du sommet de Mazeretas, le panorama vers le sud est superbe. La vue porte au-delà de Limoges, jusqu’à Boisseuil.

De nombreux petits ruisseaux arrosent la commune. Ils font, avec leurs eaux claires, le bonheur des pécheurs de truites. L’Aurence, rivière aurifère, est le résultat de la confluence des eaux de ce bassin versant, limité au nord-ouest par la crête que suit la route de Compreignac.  La carte hydrologique fait apparaître un grand nombre d’étangs ainsi que des sources, dont une joliment nommée la Fontaine Dorée (Lo fount dorado) à Chantegrelle.

Le blason

Le blason de Chaptelat à été conçu par l’équipe municipale en 1985.

Son dessin reprend l’hermine du Limousin ainsi que les attributs de Saint Éloi: Le fer à cheval, la crosse d’évêque et la monnaie d’or.

Sa définition héraldique est la suivante:

Écu partie d’émaux d’azur en dextre et d’or en senestre, meublé d’un fer à cheval et d’un besant d’or dans l’azur, d’une crosse d’azur dans l’or, avec chef d’hermine, bordé de gueules.

Le logo

Imaginé et dessiné par Faubourg Communication, le logo a été présenté le 21 décembre 1996.

Explications[1]:

Commune à multiples facettes où la qualité de la vie (la campagne, le calme) s’enrichit d’une forte identité historique (le pays natal de Saint Éloi) et un vrai dynamisme associatif, Chaptelat est …une commune en or, par ses sites aurifères.

La création a été inspirée par cette belle carte d’identité.

Croquis sur le vif !

La fierté, l’identité, la vitalité de Chaptelat se retrouvent dans un « croquis » d’ensemble au style rapide et plein de vie. Un cadre crayonné, dont l’intérieur est hachuré en bleu indigo, délimite l’espace du bourg (l’histoire et la continuité de la commune). Le C de Chaptelat s’y découpe en forme de fer à cheval, marque de Saint Éloi, patron des maréchaux-ferrants.

Dans cet espace ouvert (Chaptelat aujourd’hui) le C est répété à grands traits dans les couleurs de la nature : vert, et de la passion : rouge vif. Les C de couleur s’élancent vers l’extérieur, symboles d’ouverture et de dynamisme.

Dans « l’espace historique », une pièce d’or, solaire, éclaire l’ensemble. Dans l’espace symbolisant le présent, la répartie de cette pièce c’est la lumière (le jaune en reflets).

La typographie de Chaptelat, rappelle les carolus, caractères anciens, comme un trait d’union entre histoire et modernité.

[1] D’après la notice diffusée lors de la présentation du logo en décembre 1996.

Les villages et les origines des noms de lieux.

– Auriéras: vient du latin auriera, aurum, lieu où on trouve de l’or.

– Les Berties: la prononciation occitane fait penser à Bertin ou Aubertin. Possibilité germanique avec behrt, brillant. Situé à la limite sud de la commune.

– Blémont a été un très important domaine agricole au XIXe siècle.

– Boisejou: Village récent.

– Bourdelas: Nom latin dérivé de la Borde. Un des gros villages de la commune.

– La Borde: peut venir de borda, mot d’origine germanique, petite unité d’exploitation. La ferme dépendait du domaine du Masneuf.

– La Bussiére: vient du nom latin du buis, buxus, +suffixe aria qui donne bussière désignant un ensemble de buis. La ferme dépendait du domaine de Blémont.

– Le Clos fleuri : vient de l’ancien occitan claus, terrain cultivé entouré d’une clôture.

– Chantegrelle: vient du latin grau, la corneille.

– Chantelauve: évoque l’alouette, familière des terres à céréales, du limousin lauvo, du latin alouda. Le village a été créé au XVIIe siècle

– Les Combes : du latin cumba, pente d’une montagne qui aboutit à une vallée. Le village dépendait du domaine de Blémont.

– Couteillas: vient probablement du latin cotis, coticula, petite pierre dure. Ancienne ferme, dépendance du domaine du Masneuf.

– La Halte : il s’agit de l’ancienne gare du tramway.

– Les Landes : de l’occitan landa, étendue de terre où ne poussent que quelques plantes sauvages. La ferme dépendait du domaine de Blémont.

– Le Logis de Paille : ferait référence à un domaine important. Très beau bâtiment de ferme atypique.

– Malledent : vient de malus, mauvais, mauvaise dent au sens littéral.

– Le Maschetard : vient de mansus, latin, manere, rester demeurer séjourner. Au Moyen Age, unité élémentaire agricole, c’est à dire composée d’une famille et de la terre qui lui est nécessaire à exploiter.

– Le Masdehors : mas, voir ci-dessus. Dehors, ort en occitan, le jardin. Mas entouré d’un jardin.

– Mazeretas : peut-être du latin maceri, ruines + acum, vestiges d’occupation antiques? Ancien moulin.

– Montcalm : le nom du village n’existe que depuis les années 1970.

– Morcheval : vient probablement de l’occitan maur chavau, cheval noir

– La Pacaille : vient du latin pascualia, pacage, pâturage.

– Le Puy Betou : podium, plate forme surélevée, petite éminence, colline. Betou fait référence à la présence de bouleau (en occitan betol) du limousin betou, nom gaulois transmis par le latin populaire

– Le Puy de l’eau : Puy vient du latin podium, mont.

– Le Theillol : de l’ancien occitan telh qui a donné en latin populaire tilium, tilleul. Une désignation ancienne, de l’époque franque, désignait un lieu planté de tilleul, tilium+etum. Situé à l’ouest de la commune, c’est le plus gros village de Chaptelat. Contrairement au reste de la commune, son réseau hydrologique est orienté vers la Glane.

– Le Touyer : vient de l’ancien occitan toiar, lande d’ajoncs

– Sourue : vient de l’occitan sot (sous) et rua, rue, sous la rue, à proximité d’une voie de communication. Ancien domaine agricole disposant d’un moulin.

– Les Vilettes : diminutif de villa + suffixe ita. Centre d’exploitation agricole.

Un peu d’histoire

 Si sur la commune aucun indice de présence préhistorique n’a été trouvé, les périodes gauloise et romaine sont au contraire riches en vestiges. Des coffres funéraires avec des urnes en verre (Blémont et le Theillol) aux murs d’ancienne villa gallo-romaines (village de La Bussière), la commune révèle une importante activité à ces époques. Sentiment renforcé par le fait que des mines aurifères ont été exploitées très tôt par les gaulois. Les lieux en ont d’ailleurs conservé le souvenir par la toponymie : L’Aurence, Auriéras, Mazauran, ……..

La paroisse de Chaptelat a été une cure de l’archiprêtré de Rancon jusqu’à la fin du XIIIe siècle. L’évêque de Limoges y nommait les titulaires, mais à une époque plus reculée, cette église était probablement sous le patronage du monastère de Solignac (Leclerc, 1894, p. 109).

À la même époque, Chaptelat relève de la châtellenie de Nieul. Le seigneur Ratier de Montrocher y détient d’importants droits de justice. Le blé et le vin font partie des productions agricoles locales. Plus tard, du XVe siècle jusqu’à la Révolution, la paroisse relève de la châtellenie épiscopale d’Isle.

La population de la commune était de :

148 feux en 1686

555 habitants en 1850

1003 habitants en 1891

647 habitants en 1928

564 habitants en 1968

Le nom de la commune a évolué au cours du temps :

Villa Catalanensis au VIIe siècle.

Catalacum.

Chatalac, Chatalat ou Chatalaco au XIVe siècle

Chastelat au XVIe

Chatelat – Cadastre 1809 (dit de Napoléon)

En 1911, plusieurs artisans et commerçants travaillaient sur la commune : 2 aubergistes, 2 couturières, 1 épicier, 3 forgerons, 1 sabotier et un tailleur.

Les seules découvertes connues et répertoriées concernent des sépultures gallo-romaines ou des éléments de moulins à bras :

Monographie du Canton de Nieul – en 1810, à Blémont, en faisant des trous pour planter des arbres, on a découvert deux sépultures gallo-romaines. Les urnes en verre qu’elles renfermaient contenaient des cendres et des fragments d’os calcinés.

B.S.A.H.L[2]. t. 84, p. 348 – en 1846, au Theillol, ont été découvertes deux sépultures gallo-romaines. On y a recueilli deux urnes en verre épais et verdâtre et plusieurs petits vases, déposés au musée. Dans les environs, on a trouvé plusieurs monnaies romaines aux effigies de Claude Néron et Domitien. On signale dans le même lieu les restes d’un aqueduc romain construit en pierre de taille.

B.S.A.H.L[2]. t. 103, p. 251 – à Sourue, au cours de terrassements dans une ancienne fontaine, ont été trouvées des tuiles à rebord. Au Puy des Champs, au cours de labours, ont été trouvés deux fragments de meules de moulin à bras.

[2] Bulletin de la Société Archéologique et Historique du Limousin

La Villa gallo-romaine de La Bussière

À 3 km au Nord du bourg de Chaptelat, à flanc de colline, exposée Sud-Est, la ferme de La Bussière est construite sur l’emplacement d’une ancienne “villa ” gallo-romaine.

La topographie du plateau sur lequel elle est construite a de toute évidence été modelée par intervention humaine. Dans la cour de la ferme, apparaissent encore des vestiges de maçonnerie d’une construction ancienne.

En 1975, messieurs Gaudy et Perrier de la Société Archéologique et Historique du Limousin se sont rendus sur place et ont rédigé un rapport (B.S.A.H.L. Tome. 102, p. 214). Leur conclusion est la suivante : « L’habitat gallo-romain, bien exposé au midi et dominant un vaste paysage, semble avoir été important ».

Les aurières gauloises

Dès le Ve siècle av J.C., les Gaulois trouvent et exploitent l’or dans le Limousin.

Le Moyen-âge oublie ces gisements et ce n’est qu’en 1867 que Ernest Mallard, observant des excavations, émet l’hypothèse qu’elles sont des vestiges de travaux miniers anciens pour l’étain. Il présente un rapport à l’Académie des Sciences. Les analyses ne révélant pas d’étain, il émet alors l’hypothèse de l’or, d’autant que les fosses se trouvent sur des lieux-dits portant des noms évocateurs (Mazauran, Laurière, L’Aurence, ……).

Au moins quatre ensembles d’aurières antiques sont encore visibles sur la commune. Malheureusement, ces vestiges disparaissent rapidement, enfouis sous la végétation ou détruits par des travaux de terrassement.

Les mines d’or du XXe siècle

Les premières recherches d’or sur Beaune et Chaptelat remontent à 1908. Une concession est instituée en 1912 et l’exploitation commence la même année. La mobilisation générale du 1er août 1914 interrompt l’activité qui ne recommencera qu’en septembre 1924. Plusieurs puits sont foncés à des profondeurs allant de 42 m à 100 m. Des kilomètres de galeries sont ouverts. Une usine de concentration du minerai est construite en 1929. Le minerai est trié sur place, concentré et envoyé à l’usine des Farges près de Saint-Yrieix.

En parallèle à l’exploitation, des recherches sont menées sur tous les secteurs où existent des vestiges miniers antiques, en particulier à Chaptelat et Bonnac, mais aussi à Saint Goussaud, Ambazac, Laurière,  ….. Des puits seront foncés, mais avec de maigres résultats. L’activité cesse définitivement en avril 1931.

La production totale des mines de Beaune s’élève à 288 kg d’or à partir d’un minerai à une teneur moyenne de 10 g d’or/tonne.

Aujourd’hui, il ne reste que très peu de traces de cette activité. Le village des « Mines » à Rilhac-Rancon, construit pour héberger le personnel de l’usine, existe toujours. Son architecture, ressemblant aux corons des cités minières, surprend dans notre région. Un autre site, ayant servi après son arrêt de déposante de matières de vidange, est aujourd’hui classé « site pollué ».

C’est en 1919, pour éviter toute confusion avec d’autres villes homonymes, que le vocable « les Mines » a été ajouté à Beaune.

Un seul puits a été réalisé sur la commune de Chaptelat. Il s’agit du « Puits Lavergnolle », puits de reconnaissance foncé jusqu’à 18 m de profondeur. Il est localisé à Mazauran. Il ne subsiste quasiment plus de traces de son existence.

Les personnages importants de Chaptelat

Si Chaptelat s’enorgueillit d’être le village natal de Saint Éloi, d’autres personnages influents y ont vécu.

Saint Éloi

Né à Chaptelat en 588, Saint Éloi, orfèvre de talent, devenu ministre de Clotaire II et de Dagobert, fut le fondateur de l’abbaye de Solignac avant d’être élu évêque de Noyon où il mourut en 659. Une superbe publication Présence de Saint Éloi, enfant de Chaptelat a été réalisée par Mémoire de Nieul en 1991, puis rééditée en 2002.

Pierre-Célestin Rousseau

Né en 1809 à Avesnes dans le département du Nord, il a été curé de la paroisse de Chaptelat de 1846 à 1898. Aumônier de l’orphelinat du Mas Éloi, secrétaire de mairie, instituteur communal, il fonde à Chaptelat, l’école stagiaire des maîtres de la Haute-Vienne, en remplacement de l’école normale de garçons de Limoges, fermée en 1850. Pour accueillir les futurs enseignants, il fonde le pensionnat Saint Éloi, en agrandissant en 1866 un ancien logis de ferme, encore présent aujourd’hui (place du bourg). Les salles de classes étaient situées dans le presbytère. Il meurt le 20 Mai 1898. Sa tombe surmontée d’une stèle existe toujours dans le cimetière de Chaptelat.

Martial de Lépine

Né vers 1720, Martial de Lépine était seigneur du domaine du Mas Neuf. Il fut subdélégué de l’intendant de Limoges, numismate et archéologue distingué, mais aussi un agriculteur remarquable, qui de 1759 à 1785, se livra à des expériences très utiles dans sa propriété. Il est bon de noter, qu’il est l’un des sept membres fondateurs de la première société d’agriculture de Limoges, créée dès 1759, et dont il sera le secrétaire perpétuel. Il entretient une correspondance active avec diverses sociétés savantes et a procuré à celle de Limoges des semences rares et chères.

Gabriel Duclou du Theillol

La famille Duclou s’installe au Theillol au XVIIIe, et en prend le nom. Léonard Duclou du Theillol, né en 1788, passa à l’âge de 13 ans l’examen de l’École Polytechnique, où seule sa grande jeunesse empêcha son admission. Il fit une brillante carrière militaire (chef d’escadron) et fut maire de Chaptelat pendant une dizaine d’années.

La famille Duclou a compté parmi ses membres au cours du XVIIIe, deux savants bénédictins. Le plus illustre participa à l’élaboration de la première histoire littéraire de France. Le second réalisa le premier dictionnaire de la langue limousine.


 

 

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